Aimé Césaire

Ecrivain -- Homme politique -- Martinique
06/26/1913 - 04/15/2008


Citation

« Tous les hommes ont mêmes droits... Mais du commun lot, il en est qui ont plus de pouvoirs que d'autres. Là est l'inégalité.  »
Extrait du La Tragédie du roi Christophe


Evènements importants

Aimé Fernand David Césaire est un des fondateurs du mouvement littéraire de la négritude et un anticolonialiste résolu.

Au contact des jeunes Africains étudiant à Paris, notamment lors des rencontres au salon littéraire de Paulette Nardal, Aimé Césaire et son ami guyanais Léon Gontran Damas, qu’il connaît depuis la Martinique, découvrent progressivement une part refoulée de leur identité, la composante africaine, victime de l'aliénation culturelle caractérisant les sociétés coloniales de Martinique et de Guyane.

En septembre 1934, Césaire fonde, avec d’autres étudiants antillo-guyanais et africains (parmi lesquels Léon Gontran Damas, le Guadeloupéen Guy Tirolien, les Sénégalais Léopold Sédar Senghor et Birago Diop), le journal L'Étudiant noir. C’est dans les pages de cette revue qu’apparaîtra pour la première fois le terme de « Négritude ». Ce concept, forgé par Aimé Césaire en réaction à l’oppression culturelle du système colonial français, vise à rejeter d’une part le projet français d’assimilation culturelle et à promouvoir l’Afrique et sa culture, dévalorisées par le racisme issu de l'idéologie colonialiste.

Construit contre l'idéologie coloniale française de l'époque, le projet de la Négritude est plus culturel que politique. Il s’agit, au-delà d’une vision partisane et raciale du monde, d’un humanisme actif et concret, à destination de tous les opprimés de la planète. Césaire déclare en effet : « Je suis de la race de ceux qu’on opprime ».

Ayant réussi en 1935 le concours d'entrée à l'École normale supérieure, Césaire passe l'été en Dalmatie chez son ami Petar Guberina et commence à y écrire le Cahier d'un retour au pays natal, qu'il achèvera en 1938. Il lit en 1936 la traduction de l’Histoire de la civilisation africaine de Frobenius. Il prépare sa sortie en 1938 de l'École normale supérieure avec un mémoire : Le Thème du Sud dans la littérature noire-américaine des États-Unis. Épousant en 1937 une étudiante martiniquaise, Suzanne Roussi, Aimé Césaire, licencié ès lettres, rentre en Martinique en 1939, pour enseigner, tout comme son épouse, au lycée Schœlcher.

Alors que son engagement littéraire et culturel constituent le centre de sa vie. Aimé CESAIRE est happé par la politique dès son retour en Martinique. Pressé par les élites communistes, à la recherche d’une figure incarnant le renouveau politique après les années sombres de l’Amiral ROBERT, CESAIRE est élu Maire de Fort-de-France, la capitale de la Martinique, en 1945, à 32 ans. L’année suivante, il est élu Député de la Martinique à l’Assemblée Nationale.

Le Député CESAIRE sera, en 1946, le rapporteur de la Loi faisant des colonies de Guadeloupe, Guyane Française, Martinique et la Réunion, des Départements Français. Ce changement de statut correspond à une demande forte du corps social, souhaitant accéder aux moyens d’une promotion sociale et économique. Conscient du rôle de la départementalisation comme réparation des dégâts de la colonisation. Aimé CESAIRE est tout aussi conscient du danger d’aliénation culturelle qui menace les Martiniquais. La préservation et le développement de la culture martiniquaise seront dès lors ses priorités.


Martinique d'Aimé Césaire

Rédigé en 1938-1939, le Cahier se présente comme un long texte d'une quarantaine de pages, sous forme de vers libres. Influencé par le surréalisme, il mêle métaphores audacieuses et expression de la révolte. André Breton lui rendra hommage dans son texte Martinique charmeuse de serpents.

Le retour à la Martinique s'accompagne de la prise de conscience de la condition inégalitaire des Noirs.

« Au bout du petit matin, une autre petite maison qui sent très mauvais dans une rue très étroite, une maison minuscule qui abrite en ses entrailles de bois pourri des dizaines de rats et la turbulence de mes six frères et sœurs, une petite maison cruelle dont l'intransigeance affole nos fins de mois et mon père fantasque grignoté d'une seule misère, je n'ai jamais su laquelle, qu'une imprévisible sorcellerie assoupit en mélancolique tendresse ou exalte en hautes flammes de colère; et ma mère dont les jambes pour notre faim inlassable pédalent, pédalent de jour, de nuit, je suis même réveillé la nuit par ces jambes inlassables qui pédalent la nuit et la morsure âpre dans la chair molle de la nuit d'une Singer que ma mère pédale, pédale pour notre faim et de jour et de nuit. »

Cette œuvre poétique est l'un des points de départ de la négritude. Aimé Césaire poursuivra sa dénonciation du racisme et du colonialisme avec son Discours sur le colonialisme.

« ma négritude n'est pas une pierre, sa surdité ruée contre la clameur du jour
ma négritude n'est pas une taie d'eau morte sur l'œil mort de la terre
ma négritude n'est ni une tour ni une cathédrale »

« l'homme-famine, l'homme-insulte, l'homme-torture
on pouvait à n'importe quel moment le saisir le rouer
de coups, le tuer - parfaitement le tuer - sans avoir
de compte à rendre à personne sans avoir d'excuses à présenter à personne
un homme-juif
un homme-pogrom
un chiot
un mendigot »


Caraïbe d'Aimé Césaire

La caraïbe célèbre la Francophonie avec l’œuvre d’Aimé Césaire

Dans le cadre de la célébration de la Francophonie et de la commémoration du centenaire de la naissance d’Aimé Césaire, l’œuvre "Cahier d’un retour au pays natal" par la compagnie de la Comédie Noire, a été présentée au sein de la Résidence de France, à Sainte Lucie et est partie en tournée dans la région.

"Au bout du petit matin…", dès le début du texte, quand Jacques Martial, habité du texte d’Aimé Césaire se fait - à son tour - le porte parole de la négritude, c’est le bruit de la nuit caribéenne qui tombe sur le public médusé et l’assourdit de mots d’une puissance rare.

Dans le cadre de la célébration de la Francophonie et de la commémoration du centenaire de la naissance d’Aimé Césaire, l’œuvre "Cahier d’un retour au pays natal" a été présentée au sein de la Résidence de France, à Sainte Lucie, le 20 mars 2013. Cette représentation s’est déroulée grâce au fort soutien de l’ambassadeur de France auprès des États membres de l’OECO, et du conseiller régional de coopération et d’action culturelle, et sous le parrainage et en présence de la Gouverneure générale de Sainte Lucie. Parmi le public averti venu en nombre, en particulier du monde culturel et de l’éducation de Sainte Lucie.

On notera la présence des deux présidentes des commissions "coopération régionale" des conseils régionaux de Guadeloupe et de Martinique, ainsi que celle des ambassadeurs du Brésil, du Mexique et de Cuba, tous francophones et francophiles.


Commentaires

Un exemple à suivre !!!

Le Savoir implique le Devoir.
Il s’est senti obligé de délaissé la littérature pour la politique afin aider son peuple.
Merci Aimé Césaire de nous avoir défendu et épargné le chaos d’une indépendance non préparée.










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