Lorsqu'on parle d'un cyclone, il s'agit systématiquement d'un cyclone tropical.S'il se produit sur l'Atlantique ou sur le Pacifique nord-est, il est appelé ouragan (ou hurricane en anglais).Sur le Pacifique nord-ouest, on parle plutôt d'un typhon.
Cyclone tropical, typhon ou ouragan désignent exactement les mêmes phénomènes.

 

Caractéristiques d’un cyclone tropical

Le cœur du cyclone est une région de basse pression. Le gradient de pression entre le système et les zones de plus haute pression environnantes, engendre un déplacement d'air vers le centre. Plus la différence de pression est importante, plus les vents sont forts. Sous l'effet de la force de Coriolis, ces vents sont déviés vers la droite dans l'hémisphère nord (gauche dans celle du sud) ce qui donne une rotation de l'air autour du centre de basse pression. Ainsi les cyclones auront des sens de rotation différents selon l'hémisphère : dans le sens inverse des aiguilles d'une montre dans l'hémisphère nord et dans le sens horaire dans l'hémisphère sud4.
Comme la force de Coriolis est nulle à l'équateur et augmente en se dirigeant vers les pôles, la rotation ne peut être induite en général qu'à des latitudes de plus de 5 à 10 degrés. On ne retrouve donc pas de cyclones près de l'équateur.


 

Conditions de formation  d’un cyclone

  • Il faut, à l'origine, qu'une zone perturbée pré-existe : un amas nuageux ou une ligne de grains, qui est une bande nuageuse constituée de nuages orageux, ou encore une onde tropicale. Ces amas de nuages, certains météos utilisent aussi le terme américain de " cluster ", se trouvent entre les tropiques, au niveau d'une vaste zone de mauvais temps, qu'on dénomme Zone Intertropicale de Convergence, la ZIC ou la ZCIT. Mais cela n'empêche pas certains cyclones de se développer, non pas à partir de perturbations intertropicales, mais de perturbations d'origine tempérée, qui sont descendues en latitude et ont pris peu à peu des caractéristiques tropicales, le cœur froid notamment devenant alors un cœur chaud. On retrouve là-aussi à l'origine, un amas nuageux.
  • Autre condition, c'est l'eau chaude, l'océan devant avoir une température d'au moins 26°, certains disent même 26,5 degrés Centigrades, sur au moins 50 mètres de profondeur. L'évaporation de surface de grandes quantités d'eau fournira l'énergie nécessaire pour entretenir la formation cyclonique. Si l'eau est trop froide, le cyclone ne peut pas se former ou, s'il était déjà formé préalablement, il s'affaiblit puis finit par perdre ses caractéristiques cycloniques tropicales.
  •  Autre élément : les vents régnant dans l'environnement du système doivent être relativement homogènes de la surface jusqu'aux sommets nuageux, au-delà de 12 à 15 km d'altitude. Sur toute cette épaisseur, le profil de vent doit en effet être régulier, c'est-à-dire avoir la même direction et la même force ou presque. Lorsque cette condition est réalisée, la partie active de la perturbation reste concentrée et un renforcement du système peut s'effectuer. Sinon, l'énergie développée par le système va se disperser et le système a tendance à se " cisailler ".
  • Encore autre chose : les premières conditions réunies, les nuages se développent, s'agglomèrent ; l'instabilité de la masse d'air aidant, un courant d'air ascendant se met en place. Cette ascendance généralisée provoque une baisse de pression en bas, vers la surface de la mer, et une hausse de pression à haute altitude au niveau des sommets des nuages les plus développés, vers la tropopause, sommet de la troposphère (" effet de cheminée "). C'est la naissance d'une dépression de surface qui ne se creuse que si, en altitude, les particules d'air qui montent et affluent peuvent s'échapper : on parle alors en météorologie de divergence de haute altitude, permettant ainsi au système de pouvoir fonctionner et s'entretenir de manière quasi-autonome.
  • Enfin, il y a une condition absolument nécessaire, qui est en réalité une nécessité mécanique, physique primordiale. Les courants d'air ascendants au cœur du système vont abaisser la pression atmosphérique en surface, mais il n'y aura de dépression pouvant se creuser que si on n'est pas trop près de l'équateur. En effet, sur les régions équatoriales, conséquence de la rotation de la Terre sur elle-même, le tourbillon ne peut se créer car la force de pression agit pour combler immédiatement toute velléité de creusement dépressionnaire. Plus haut en latitude, au-delà de 6°Nord ou Sud, intervient alors une force que l'on appelle la force de Coriolis, et qui devient suffisante pour s'opposer à cette force de pression

Toutes ces conditions sont donc nécessaires à la formation et au développement d'un cyclone tropical. Si l'une au moins de ces conditions n'est pas remplie, le cyclone ne peut se former. Si un cyclone était formé et qu'une de ces conditions disparaît, il s'affaiblira et pourra se désagréger au bout de quelques .

Effets directs d'un Cyclone

 


Effets dus aux vents :

Le cyclone puise la chaleur de l'océan et de l'évaporation de grosses quantités d'eau chaude et la transforme en vents violents, et en nuages très puissants et bien développés. Un ouragan de classe 4, comme DAVID, HUGO ou LUIS, s'accompagne de vents soutenus de 220/240 km/h. Ils provoquent des dégâts irréparables, détruisent les réseaux électriques, les habitations précaires, hachent la végétation, certaines rafales pouvant dépasser 280 ou 300 km/h. Si la pression s'abaisse à moins de 920hectoPascals (ou millibars) au niveau de la mer, on a affaire à un ouragan de classe 5, un super-cyclone : GILBERT, " l'empereur ", était de ceux-là les 13 et 14 septembre 1988, tout comme CAMILLE en 69 ou ALLEN en 80, ou encore MITCH fin octobre 1998, pour ne parler que de ceux qui ont laissé beaucoup de traces et de souffrances ces 30 dernières années. HUGO aussi, fut un super-cyclone la veille de son passage en Guadeloupe avec une pression minimale de 918 hPa; il eut la bonne idée de s'affaiblir un peu avant de traverser l'île !
Le record mondial de basse pression au niveau de la mer appartient toujours au typhon TIP de l'Océan Pacifique avec 870 hectoPascals le 12 octobre 1979 et un vent maximal estimé à environ 310 km/h !
Il faut savoir que la pression exercée sur une surface, sur un mur par exemple, est proportionnelle au carré de la vitesse du vent qui est à l'origine de cette pression. Un vent de 200 km/h aura une action 4 fois plus importante qu'un vent soufflant à 100 km/h. La plupart des constructions répondant aux normes actuelles prenant en compte le risque cyclonique doivent résister à des vents de 240 km/h (ouragan de classe 4). Cette valeur de vents correspond alors à une pression dynamique de l'ordre de 310 kg par mètre-carré (près de 2600 Pascals en unité internationale).

 


Effets dus aux pluies :

Mais il n'y a pas que les vents qui sont destructeurs. Les pluies aussi et surtout, devrions-nous dire, puisque ce sont elles qui, par leur action, tuent le plus, d'autant qu'elles peuvent accompagner des cyclones de moindre intensité. Ces dernières années, les dégâts les plus nombreux, les destructions les plus importantes, les victimes répertoriées sur les Antilles Françaises sont essentiellement dus à l'action de l'eau, et des pluies en général, lors de passages de cyclones non intenses (ravines débordant rapidement, rivières en crues, torrents de montagne en furie, routes coupées et dangereuses, nombreux éboulements et glissements de terrain, habitations des bords des cours d'eau détruites ...).

  • En Guadeloupe, MARILYN, ouragan de classe 1 seulement de 1995, a déversé 500 à 600 mm d'eau en 12 heures sur la ville de Basse-Terre dans la nuit du 14 au 15 septembre. C'est ce qui tombe en 2 mois en saison humide d'habitude. Là, ce fut en une seule nuit ! 500 mm d'eau représente 500 litres par mètre-carré ou 5 000 tonnes d'eau à l'hectare. HELENA, tempête d'octobre 1963 et LENNY, tempête tropicale le 19 novembre 1999, ont provoqué aussi des inondations généralisées.
  • A la Martinique, DOROTHY en 1970 a tué 44 personnes par ses pluies diluviennes, intenses ; on a même relevé une quantité de 153 mm en 1 heure seulement à Fort-de-France. Et ce n'était qu'une Tempête Tropicale, tout comme CINDY en août 1993, voire DEBBY l'année suivante.
  • à Saint-Martin et Saint-Barthélemy, JOSE puis LENNY en 1999, resteront également dans les annales par leurs pluies diluviennes et destructrices.

Et en ce qui concerne les quantités de pluies générées par un cyclone, il n'y a pas de règle. Certains ouragans de forte intensité sont plutôt " secs ", ne donnant que quelques dizaines de mm d'eau lors de leur passage. D'autres, considérés comme moins intenses, puisque les vents sont modérés, provoquent des inondations et glissements de terrains meurtriers, on vient d'en donner quelques exemples.

 


 

photo-Fabien-Chin

Effets dus à la marée de tempete et à l' etat de la mer :

La marée de tempête provoque un afflux d'eau marine, une surélevation du niveau de la mer qui inonde tout sur son passage, détruit tout sur le littoral. Elle provient des vents violents qui soufflent sur la surface de la mer autour du coeur cyclonique, et qui ont tendance à créer un courant très fort par frottement, normalement compensé en profondeur, au-delà de 50 à 60 m. de fond, par un contre-courant de sens opposé. Lorsque le cyclone arrive au niveau du plateau continental ou tout près des terres, ce contre-courant n'existe plus, seul le courant de surface reste fortement établi. Il y a donc une poussée mécanique naturelle de l'eau de surface et son accumulation vers les rivages, d'autant plus importante que le plateau continental est marqué. Il ne faut pas négliger non plus l'effet de dépression qui a tendance à " aspirer " l'eau vers le haut au moment d'une baisse de pression atmosphérique importante, qui contribue donc aussi à l'amplitude de ce phénomène : c'est l'intumescence ou effet de baromètre inversé.
La " surcote " est maximale dans la partie où tous les effets se conjuguent, c'est-à-dire pour les cyclones habituels de nos régions qui se déplacent vers l'ouest, dans la zone nord-est de l'oeil. Certains dénomment ce " pic " l'onde de tempête, qui dure quelques dizaines de minutes le plus souvent, deux heures au maximum. Dans les zones où existe un grand plateau continental, c'est-à-dire où la mer reste peu profonde sur des kilomètres au large, les cyclones intenses peuvent provoquer une marée de tempête de 5, 6, voire 7 mètres. Et les victimes se comptent alors par milliers. Ce fut le cas en Chine en 1881, au Bangladesh en 1970, lorsque des typhons ou cyclones ont tué à chaque fois plus de 300 000 personnes surprises par la montée d'eau océanique subite, leurs habitations dévastées et emportées. Dans le delta du Mississippi aux Etats-Unis, CAMILLE en 1969 reste gravée dans les mémoires, l'eau ayant monté brusquement de près de 8 mètres.
Sur nos îles des Petites Antilles, par chance, les fonds marins sont vite importants au large, la marée cyclonique est plus faible, ne dépassant guère 2 à 3 mètres lors de passages d'ouragans intenses, sauf dans les zones de lagon et de " culs-de-sac " marins plus exposées. Ainsi, le cyclone de 1928 en Guadeloupe a généré une montée des eaux estimée entre 3 et 4 mètres sur les îlets de la baie de Pointe-à-Pitre.
Quant aux vagues, elles peuvent être monstrueuses, dépassant parfois 15 à 20 mètres autour des ouragans intenses. Et cette houle générée par les cyclones est généralement très énergétique et provoque des rouleaux immenses sur les rivages exposés, et ce jusqu'à une distance importante hors du système. LUIS en 1995 a eu des répercussions sur l'état de la mer jusqu'en Martinique, alors qu'il est passé plus de 300 km au nord, la houle venant du nord-ouest ou de l'ouest y étant fortement ressentie sur toute la côte caraïbe. Et que dire de LENNY en 1999, à la trajectoire inhabituelle d'ouest en est en Mer des Caraïbes, qui a meurtri tous les rivages habituellement protégés, exposés à l'ouest ! Toutes les îles de l'arc antillais, jusqu'aux Grenadines en ont souffert particulièrement, alors que le cyclone passait sensiblement plus au nord !

 

Peut-on les détruire ou les modifier ?

On le sait, on l'a vu, ce sont des phénomènes qui peuvent être extrêmement violents, provoquant d'énormes dégâts. Ils peuvent se révéler aussi par conséquent, de véritables tueurs malheureusement, car s'ils vivent essentiellement sur les mers, ils n'en ravagent pas moins les terres ou les îles lorsqu'ils les atteignent ou les traversent.
Certains pensent donc qu'on devrait chercher à les éliminer, à les détruire avant qu'ils ne deviennent trop dangereux pour les populations et leurs biens. On a déjà essayé ... sans grande réussite, il faut avouer. Car un ouragan en pleine maturité, c'est 5 bombes atomiques par seconde en équivalent énergétique ! L'énergie mise en jeu dans un cyclone est en effet colossale : la condensation moyenne de 10 cm d'eau par jour dans un rayon de 200 km autour du centre cyclonique (valeurs qui correspondent à un phénomène moyennement pluvieux), libère près de 400 milliards de watts, soit la production de 400 centrales nucléaires à pleine puissance (F. Roux et N. Viltard 1997). Alors imaginez l'énergie que l'on devrait employer pour détruire cette formidable machine thermodynamique ! Les essais effectués il y a quelques années ont rebuté les scientifiques ; on se souvient encore du fameux projet dénommé " STORMFURY " durant les année 60, qui n'a pas fourni de conclusions déterminantes.
L'idée de départ était d'agir sur un cyclone naissant avant qu'il ne soit de dimension et d'intensité trop importantes. Il s'agissait notamment de laisser tomber des particules métalliques d'iodure d'argent à partir d'avions survolant ce système en formation, afin de précipiter toutes les gouttelettes d'eau ou de grêle avant que le processus cyclonique ne démarre vraiment. Aucun effet durable n'a été démontré et le projet a été abandonné en 1971.
Ces essais ou recherches plus ou moins fantaisistes ont, depuis, été abandonnés, les chercheurs et météorologues ayant décidé de consacrer leurs études sur la prévention et la prévision.

On s'est fait à l'idée qu'il FAUT CO-HABITER avec les cyclones dans certaines régions du monde. Et puis, surtout, on s'est rendu compte aussi que le cyclone était UTILE. Oui, utile ! Son rôle bénéfique consiste à libérer l'excès, le trop-plein de chaleur et d'humidité des Tropiques, telle une soupape de sécurité, et de les transférer plus au nord vers les régions qui en ont besoin, et qui, sans cela, seraient beaucoup plus froides. Le cyclone tropical participe donc pleinement au cycle climatologique et thermodynamique de l'atmosphère. Sans lui et ses congénères (il y en a entre 75 et 100 par an tout autour du globe, dont la moitié atteignent le stade d'ouragan ou équivalent), le climat de la Terre en serait bouleversé...

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La tempête tropicale CHANTAL Mardi 09 juillet 2013 à 05 h légale

Mardi 09 juillet 2013 à 05 h légales Antilles
Communiqué d'activité cyclonique
La tempête tropicale CHANTAL continue sa progression vers l'Ouest-Nord-Ouest en direction de l'arc antillais. Son centre se situe en fin de nuit à 300 km au Sud-Est de la Martinique.
La prévision de trajectoire la fait toujours passer dans le canal de Sainte dans la matinée.
Caractéristiques du phénomène :
Tempête tropicale  CHANTAL
Le 09-07-2013 à 09 UTC
Latitude 13.3 N longitude 58.4 W
Déplacement : 290 degrés à 23 nœuds soit 43 km/h
Pression estimée au centre : 1 010 hPa
Vent max sur 1 mn : 45 nœuds (83 km/h) Rafales 55 nœuds (102 km/h)
Positions prévues

Pour le : 09-07-2013 à 18 UTC
Latitude 14.6 N Longitude 61.7 W
Vent max: 50 nœuds
Rafales 60 nœuds

Pour le: 10-07-2013 à 06 UTC
Latitude 16.3 N Longitude 65.9 W
Vent max: 55 nœuds
Rafales 65 nœuds










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