Championnats du monde de Moscou 2013 : Eloyse Lesueur éliminée à la longueur

La Française originaire de la Guadeloupe  Eloyse Lesueur, championne d'Europe en titre du saut en longueur, n'a pas réussi à se qualifier samedi pour la finale de la spécialité aux championnats du monde de Moscou prévue dimanche.

La Française, qui avait sauté à 6,78 m cette année et possède un record personnel à 6,91 m, s'est contentée d'un bond à 6,39 m à sa troisième tentative lors des qualifications.

Avec ce saut, elle a pris la 22e place du concours, loin de la 12e et dernière qualifiée (6,57 m) et plus loin encore de la Britannique Shara Proctor, qui a bondi à 6,85 m.

Qui est Éloyse Lesueur :

Éloyse Lesueur (née le 15 juillet 1988 à Créteil) pratique le saut en longueur. Championne d'Europe 2012 de la discipline, elle est également la détentrice du record de France en salle.

Transat Bretagne-Martinique 2013 : la consécration pour Erwan Tabarly (Armor Lux - Comptoir de la Mer)

07/04/2013

 

Après 20 jours de course, 4 455 milles parcourus à la vitesse moyenne de 6,95 noeuds, Erwan Tabarly (Armor Lux - Comptoir de la Mer) a franchi en vainqueur (avant jury)la ligne d'arrivée à Fort-de-France à 12 h 48 mn 55 s (heure de Paris), soit 06 h 48 mn 55 s (heure locale). Depuis onze ans sur le circuit Figaro Bénéteau, champion de la régularité, toujours placé dans le peloton de tête mais jamais sur la plus haute marche du podium, il attendait sa première grande victoire à la barre d'un monotype, sa première victoire sur une transatlantique en solitaire à armes égales.

 

A bientôt 39 ans, fort d’un brillant palmarès de coureur au large le plus souvent aux avant-postes, Erwan Tabarly (2e de la Med Race 2012, quatre fois vice-champion de France Elite de course au large en solitaire, dont lors des deux dernières saisons, et déjà 2e de la Transat Bretagne-Martinique en 2009... quatre minutes derrière Gildas Morvan ! ) se disait au départ de Brest que cette fois-ci serait la bonne. Il partait pour la gagne, un point c’est tout.
Sa victoire dans la Transat Bretagne-Martinique est sans aucun doute celle de l’expérience et de la maturité. L’expérience de milliers de milles parcourus sur un bateau qu’il connaît par cœur, la maîtrise parfaite du rythme à tenir sur longue distance, l’anticipation des manœuvres dans la baston, la gestion du matériel pour éviter la casse.
Partisan de l’option Est, dictée par la zone de DST du cap Finisterre (Dispositif de Séparation de Trafic), Erwan au coude à coude avec Yoann Richomme, Gildas Morvan et Fabien Delahaye, privilégie le compromis performance/sécurité, plutôt que la sécurité à tout prix. Sa stratégie d’un léger décalage à l’ouest pour rester dans la grosse brise et gagner en vitesse est la bonne. Sous spi lourd au largue serré, il creuse alors l’écart et met 30 milles de distance à ses poursuivants. Dès lors, l’avance est prise, il devient leader des partisans de l’est le 23 mars à la latitude de Gibraltar, et attrape la tête du classement général le 28 mars… pour ne plus jamais la lâcher. Une double fierté pour Erwan : celle d’avoir mené sa course consciencieusement et brillamment, et celle d’avoir vaincu les alizés, une partie de la course, qui jusque là, ne lui réussissait pas. Une victoire somme toute logique pour ce Figariste de haute voltige, et une victoire tellement méritée…
© A.COURCOUX

Derniers milles sous haute tension

07/04/2013

 

Rentrés hier soir par l'arrière de la flotte, le vent et les grains ont resserré un peu les rangs de la Transat Bretagne - Martinique. En tête, Erwan Tabarly (Armor Lux - Comptoir de la Mer) a vu son avance se réduire de 15 milles, en à peine 10 heures. Pire pour Gildas Morvan (Cercle Vert) qui a vu le spi bleu de Skipper Macif 2012 apparaître à trois milles seulement de son tableau arrière. A moins de 100 milles de l'arrivée, la météo a donc décidé de corser un peu la donne, histoire de faire durer le suspense. Sur l'eau, la tension est palpable.

 

« Hier soir, ça a été compliqué. Le vent est rentré par dernière et pendant que je butais un peu dans pas trop de vent, les autres ont bénéficié de conditions plus favorables qui leur ont permis de revenir. Résultat, j’ai perdu pas mal de milles » a commenté Erwan Tabarly, plutôt soulagé depuis quelques heures, que les grains et les nuages aient disparus. « Le ciel est de nouveau dégagé, il y a donc moins de chances d’avoir les écarts de vitesses que l’on a constaté hier » a indiqué le skipper d’Armor Lux – Comptoir de la Mer. Positionné exactement entre Cercle vert et la pointe sud de la Martinique, distante de 40 milles, à 5 heures ce matin, le Fouesnantais conserve cependant une bonne avance de 30 milles sur son poursuivant direct qui lui permet de garder un minimum de sérénité. Et pour cause, en toute logique, lorsqu’il sera en approche de la ligne d’arrivée en baie de Fort-de-France, Gildas Morvan et Fabien Delahaye devraient seulement atterrir sur l’îlet Cabrits. « J’ai un peu de marge mais je vais rester prudent. La dernière partie, autour de l’île, est toujours à craindre » a précisé Erwan. « Empannages, dévents, accélérations… On ne sait jamais trop ce qui nous attend et le risque de se retrouver encalminé existe ».

Lutte intense pour la 2e place
C’est d’ailleurs ce que redoutent, bien plus que lui et à plus juste titre, les marins de Cercle Vert et de Skipper Macif 2012. En guerre pour la deuxième place, les deux hommes naviguent à vue depuis hier soir, après que le géant de Landéda a fait les frais, lui aussi, du retour des troupes par l’arrière. « Les autres avaient plus de pression et avançaient deux nœuds plus vite que nous. Ca a compacté le jeu et j’avoue avoir été franchement surpris quand j’ai vu le spi de Macif apparaître juste derrière moi » a souligné Gildas Morvan. De fait, son avance sur le jeune Fabien Delahaye est subitement passée de 9 à 3 milles. « Ca m’a un peu énervé de l’avoir en visuel. Ca m’a clairement mis la pression et je n’ai pas eu d’autre choix que de me mettre à fond dessus » a-t-il ajouté. Réglages, matossage, longues heures à la barre : il s’est appliqué partout. Il a ainsi réussi, ce matin, à légèrement distancer son concurrent dans des conditions qui ne s’y prêtent pourtant pas vraiment. La raison ? Tous les bateaux se trouvent sur un bord direct, au largue serré. Difficile, en conséquence, de faire une vraie différence.

Pas le droit à l’erreur
La bonne –ou mauvaise – nouvelle, c’est qu’à l’inverse, les derniers milles entre la pointe des Salines et Fort-de-France sont susceptibles d’apporter pas mal de changements. Idem pour les grains qui débarquent généralement en deuxième partie de nuit. « C’est surtout ça que je redoute. Lors de la dernière édition de la course, il y a deux ans, c’était un peu pareil. Juste avant passer la ligne, on avait pris des grains et ça avait été chaud. Il va donc falloir être opportuniste sans prendre trop de risques » explique Fabien. « L’avantage, c’est que l’on va arriver de jour et que ce sera plus facile de lire le plan d’eau. Reste que c’est certain, on n’aura pas droit à l’erreur » a conclut le skipper de Cercle Vert. Verdict à la mi-journée (heure française).

© A.COURCOU

FLASH ARRIVEE : ERWAN TABARLY (ARMOR LUX – COMPTOIR DE LA MER), VAINQUEUR A FORT-DE-FRANCE

07/04/2013

 

Après 20 jours, 22 heures, 48 minutes et 55 secondes de course, Erwan Tabarly a coupé la ligne d'arrivée de la Transat Bretagne - Martinique à 12 heures, 48 minutes 55 secondes (heure de Paris), soit 06 heures 48 minutes 55 secondes (heure Fort-de-France). Sa vitesse moyenne est de 6,95 noeuds. Il a parcouru 4455 milles. Le skipper d'Armor Lux - Comptoir de la Mer remporte l'épreuve(avant jury) partie de Brest le 17 mars dernier.

© A.COURCOUX

Dernière ligne droite

06/04/2013

 

Alors qu'il reste moins de 300 milles à parcourir pour les premiers, les solitaires de la Transat Bretagne - Martinique profitent d'un vent d'une petite vingtaine de noeuds sur une mer plate pour glisser et faire avancer les machines au plus vite. Car maintenant qu'ils tous sur le même bord, bâbord amure, qui va les mener jusqu'à la pointe sud de l'île, c'est bel et bien une course de vitesse qui se joue. Dans ce contexte, on voit mal ce qui pourrait maintenant priver Erwan Tabarly (Armor Lux - Comptoir de la Mer) de la victoire. Derrière en revanche, rien n'est encore joué et tous les coups sont permis !

 

Comme on s’y attendait, les solitaires ont empanné, hier soir, et se retrouvent aujourd’hui tous sur le même bord bâbord qui les mènera jusqu’à l’îlet Cabrit. En tête de la flotte, avec toujours plus de 45 milles d’avance, Erwan Tabarly ne peut que se satisfaire de cette situation. « Je ne peux pas être mieux placé. Je suis exactement entre mes adversaires et l’arrivée, c’est parfait. Je suis confiant pour la suite » avouait le skipper d’Armor Lux – Comptoir de le Mer, pourtant pas du genre à fanfaronner. Mais c’est un fait, le Fouesnantais se trouve aujourd’hui dans une situation idéale. « Je ne m’attendais pas à ce scénario. Toutes les dernières transats que j’ai faites se sont jouées à quelques minutes seulement. Là, à 24 heures de l’arrivée, j’ai une quarantaine de milles d’avance, c’est extraordinaire. Je commence à savourer » a-t-il précisé. Il faut dire, qu'à moins d’un souci technique ou d’une casse matérielle, on voit mal ce qui pourrait l’empêcher, à présent, d’aller chercher la victoire à Fort-de-France. Mais le marin reste prudent. « Je me méfie. Un pépin peut toujours se produire. Je veille à ne pas déchirer mon spi ou à ne pas taper quelque chose dans l’eau » a-t-il indiqué. On l’aura compris, ce ne sont plus ses poursuivants qui l’inquiètent. Et pour cause, il a fait le calcul, il faudrait que ceux-ci avancent deux nœuds plus vite que lui pour recoller au score. Pas gagné donc.

Pas gagnée non plus la deuxième place pour Gildas Morvan. Au premier pointage du jour ce samedi, un peu moins de 7 milles le sépare de Fabien Delahaye (Skipper Macif 2012). Ce dernier a bénéficié, hier soir, d’une bonne bascule du vent à droite à tel point qu’il n’a même pas eu besoin d’empanner. « J’ai pu bien glisser et faire un meilleur cap que Gildas » a souligné le Caennais, pas mécontent, du coup, de se retrouver ce matin avec une distance uniquement en latéral par rapport au géant de Landéda. « Je joue mon positionnement. C’est bien qu’il y ait un petit décalage entre nous deux. Cela permet à chacun de jouer sa part de réussite » a-t-il ajouté, manifestement pas contre un dernier petit coup de pouce du destin. Fabien le sait, en étant en dessous de lui, Cercle Vert bénéficie d’un meilleur angle de descente vers la Martinique et ce sera encore plus vrai dans quelques heures, quand l’alizé aura tourné au secteur est-sud-est. Quoi qu’il en soit, il a décidé de tout donner. Son but : aller le plus vite possible sur le way-point qu’il s’est fixé. En clair, faire sa route au mieux, sans trop se préoccuper de son adversaire direct pour ne pas risquer de laisser la porte ouverte à Anthony Marchand (Bretagne – Crédit Mutuel Performance). A l’inverse, le marquage est intensif entre Adrien Hardy (Agir Recouvrement) et Yoann Richomme (DLBC – Module création). A la bagarre pour la 5e place, ces deux là ne font d’ailleurs qu’un seul et même point sur la cartographie. Seuls trois petits milles les séparent ce matin.

© A.COURCOUX

Retour sur terre

06/04/2013

 

Comme des astronautes, ils ont vécu dans leur bulle. Seuls, sur un bateau de 10 mètres de long, abrités dans un habitacle de 3m2. Une expérience qu'ils n'oublieront jamais. « Il y aura un avant et un après » soulignait ce matin à la vacation Arnaud Godart-Philippe (Régates Sénonaises), un des huit bizuths de la Transat Bretagne-Martinique. Après trois semaines d'océan, les solitaires vont vivre cette nuit leurs derniers milles en mer. Ils s'apprêtent à sentir les odeurs de la terre, apercevoir les premiers bateaux, poser le pied sur un sol statique. Ils rêvent d'un bon repas, d'une douche, de parler aux copains. Demain, ce sera le retour sur terre… Erwan Tabarly (Armor Lux - Comptoir de La Mer) devrait arriver au lever de soleil à Fort-de-France. Le marin, prudent à une poignée d'heures d'une possible victoire, n'ose y penser : « Je ne sais pas ce que ça fait, je verrais bien, ça ne m'est jamais arrivé. ». Pour lui aussi, il y aura un avant et un après…

 

A Fort-de-France, tout est bordé. Le village de la Transat Bretagne-Martinique vit déjà au rythme des calebasses, des tam-tam et des djembés créoles. L’accueil martiniquais promet d’être à la hauteur de l’aventure maritime qu’ont vécue nos marins. Car cette édition de la Transat Bretagne – Martinique restera probablement ancrée dans la mémoire des Figaristes, même les plus expérimentés. Départ dans la baston, arrivée dans les grains musclés : diantre, les solitaires n’auront jamais été épargnés ! « Cette nuit, à bout de force, les grains montent en puissance, impossible de mettre le pilote. Même à la barre, j'ai le droit à un départ au tas tous les 20 minutes, une petite faute d’inattention, une vague plus forte qui te prend l'arrière et hop le bateau qui part... Mes mains sont cramées. » racontait ce matin Adrien Hardy (Agir Recouvrement). Aujourd’hui, veille d’arrivée, veille de la délivrance, chacun vit encore la course à sa manière.
Derrière Erwan, il y a toujours le duel Gildas Morvan (Cercle Vert) et Fabien Delahaye (Skipper Macif 2012) à 8 milles d’écart. Régate en vue jusqu’à la pointe du Bout ?
Après, les dés sont quasiment jetés. Anthony Marchand (Bretagne – Crédit Mutuel Performance), flamboyant sur la traversée de l’Atlantique, devrait logiquement se placer 4eme. Yoann Richomme (DLBC – Module Création), 5e, après avoir doublé cette nuit Adrien Hardy. Un Adrien qui vit ses dernières heures de course comme une souffrance, car privé de son safran tribord. La remontée vers Fort-de-France sera compliquée. Pour lui, c’est comme conduire sur une piste verglacée…
Quatre bizuths ferment la route : Simon Troël (Les Recycleurs Bretons), Corentin Horeau (Bretagne – Crédit Mutuel Espoir), Damien Guillou (La Solidarité Mutualiste) et Arnaud Godart-Philippe (Régates Sénonaises). Quatre jeunes marins qui ont vécu sur cette transat leur première grande expérience de course au large en solitaire. « J’ai fait plein de petites erreurs de jeunesse qu’il faut faire et que je ne ferai plus. Moi qui n’avait jamais passé une nuit tout seul en mer, c’est chose faite ! » racontait Simon Troël à la vacation. Et de finir, ému à propos de Corentin Horeau : « Je ne sais pas si j’ai gagné quelque chose sur cette Transat, mais ce qui est sûr c’est que j’ai gagné un ami, un vrai. ».

Les cinq premiers à 16 h - Télécharger l'intégralité du classement
1 : Armor Lux – Comptoir de la Mer (Erwan Tabarly) à 184,98 milles de l’arrivée
2 : Cercle Vert (Gildas Morvan) à 36,23 milles
3 : Skipper Macif 2012 (Fabien Delahaye) à 45,27 milles
4 : Bretagne – Crédit Mutuel Performance (Anthony Marchand) à 73,21 milles
5 : DLBC – Module Création (Yoann Richomme) à 100,88 milles…

Cinquième set

05/04/2013

 

Tout donner. Se dire que ce sont les bords de la dernière chance. A moins de 500 milles du but, il y a encore du jeu sur la terre battue de l'Atlantique. Si Erwan Tabarly (Armor Lux - Comptoir de la Mer) tente d'assurer sa place de premier, Gildas Morvan (Cercle Vert) et Fabien Delahaye (Skipper Macif 2012) sont en plein « Tie Break ». 11 milles les séparent, les empannages tactiques ressemblent à des services-volées. Spécialiste du fond de court, Anthony Marchand (Bretagne - Crédit Mutuel Performance) préserve sa place de quatrième devant Adrien Hardy (Agir Recouvrement), qui malgré son bateau handicapé, renvoie les coups sans faire de faute. Il persévère à 9 noeuds face à Yoann Richomme (DLBC - Module Création), capable d'envoyer un dernier bord à la manière d'un « ace » pour clore le match. Une Transat Bretagne - Martinique façon stade nautique, animée par de grands champions, lesquels après 19 jours de course, se battent comme des enragés pour figurer en haut du tableau…

 

C’est à cela que l’on reconnaît les compétiteurs. La lutte peut durer des heures, des jours, des semaines, ils seront toujours « dessus » à batailler. Il y a bien sûr des coups de mou, des crampes, des cordes cassées, des coups de gueule… mais il y a surtout les incroyables instants où l’on se surpasse. « J’ai beaucoup appris sur moi-même et sur le bateau malgré les embûches. Je suis heureux d’avoir réparé mon hauban, c’est une vraie satisfaction. Il ne faut pas oublier que le principal pour un marin, c’est d’amener le bateau et le bonhomme à bon port et en entiers. » avouait Arnaud Godart-Philippe (Régates Sénonaises) à la vacation ce matin. Arnaud, un exemple de combativité face à la dureté des éléments et des avaries successives. Comme tous les marins de la flotte…
Aujourd’hui, les figaristes, vivent leurs derniers jours sur l’eau et bataillent façon Solitaire du Figaro – Eric Bompart cachemire. Pas question de mollir pour Gildas Morvan menacé par un Fabien Delahaye incisif qui ne cesse de le coller aux trousses. Le Géant Vert a réussi depuis 5h ce matin à creuser l’écart de 2 petits milles supplémentaires. 2 milles qui seront peut être salutaires pour terminer sur la seconde place du podium. « Il va falloir faire l’empannage au bon moment, pas trop tôt pas trop tard, ça va déterminer l’angle pour La Martinique. On va voir la pression et puis ça va être une course de vitesse à bâbord. C’est sûr que là, nous sommes en mode Figaro, il faut garder une certaine lucidité et trouver un compromis entre barrer et récupérer des petits moments de sommeil. » soulignait Gildas ce matin.
Plus de joker, fini les balles neuves, les concurrents naviguent maintenant avec leur dernières cartouches. Spi mal en point, génois en moins, nourriture minimaliste, ils attaquent leur dernier bord d’endurance et de vitesse. Bâbord amures toute, cap sur l’îlet Cabri ! Dimanche, les quatre premiers concurrents devraient traverser la baie de Fort-de-France à quelques heures d’écart sur toute la journée. En deux jours, ils devraient être dix à couper la ligne d’arrivée. Une finale en cinq set qui nous tient en haleine…

Les cinq premiers à 16 h - Télécharger l'intégralité du classement
1 : Armor Lux – Comptoir de la Mer (Erwan Tabarly) à 411,43 milles de l’arrivée
2 : Cercle Vert (Gildas Morvan) à 41,98 milles
3 : Skipper Macif 2012 (Fabien Delahaye) à 53,09 milles
4 : Bretagne – Crédit Mutuel Performance (Anthony Marchand) à 84,93 milles
5 : Agir Recouvrement (Adrien Hardy) à 103,02 milles…

© COURCOUX Alexis

Une nuit (presque) tranquille

05/04/2013

 

Pas de grain, pas de nuage : la nuit est plutôt tranquille pour les solitaires de la Transat Bretagne - Martinique. En apparence en tous cas, puisqu'à 500 milles de l'arrivée à Fort-de-France, il n'est plus question de ménager ses efforts, d'autant que les écarts se sont considérablement réduits ces dernières 24 heures, et que le podium est encore loin d'être joué.

 

Après avoir faibli à une petite quinzaine de nœuds hier soir, le vent est rentré de nouveau cette nuit. C’est donc avec un bon flux de 20-25 nœuds que les concurrents de la Transat Bretagne – Martinique progressent actuellement. « C’est super agréable. Le ciel est dégagé, le vent est stable, ce qui n’était plus arrivé depuis longtemps », se satisfaisait Erwan Tabarly, ce matin à la vacation de 5 heures. Résultat, les Figaro Bénéteau 2 glissent tranquillement et sans trop d’efforts entre 9 et 10 nœuds ce vendredi. « Dans ces conditions, c’est surtout le pilote automatique qui barre. Pour nous, c’est de la vielle et quelques réglages, c’est tout » résumait le skipper d’Armor Lux – Comptoir de la Mer, soulagé cependant de constater que malgré une longue sieste de trois heures, il n’a pas cédé de terrain à son dauphin, Gildas Morvan, et conserve une confortable avance de 50 milles au classement. Pour lui, pas question de relâcher la pression pour autant, même si le scénario de cette fin de course s’annonce à son avantage. « Il y a un point d’empannage à bien caler cet après-midi ou ce soir. Ce sera pareil pour tout le monde. Ensuite, on va tous se retrouver bâbord amure et s’aligner » a précisé le Fouesnantais. En clair, tous ses adversaires seront dans son axe et l’essentiel de son jeu se résumera alors en deux points : aller vite et marquer. « On sera dans la dernière ligne droite. Si je parviens à garder mon rythme actuel, je n’aurai plus qu’à gérer tout en restant vigilant sur les grains » a souligné Erwan Tabarly, conscient que son concurrent direct à bord de Cercle Vert doit désormais passer plus de temps faire en sorte de conserver sa deuxième place plutôt que de lancer une attaque.

Et pour cause, le géant de Landéda a perdu une dizaine de milles, ces dernières 24 heures, sur Fabien Delahaye après un décalage mal inspiré au sud. « Gildas n’est plus qu’à 10 milles devant moi. C’est limite si je vois sa lumière de mât. Je suis content » lâchait le skipper Macif 2012, tôt ce matin. Reste qu’il n’est pas le seul à avoir effectué une belle opération au classement depuis hier. Anthony Marchand (Bretagne – Crédit Mutuel Performance) est, lui aussi, revenu comme une fusée grâce à un décalage intéressant au nord et à une très bonne vitesse au portant. C’est d’ailleurs lui qui peut se vanter du plus gros gain entre hier 5 heures et aujourd’hui à la même heure. Il a, en effet, gagné 13 milles sur le leader et pointe désormais à moins de 30 milles du troisième. « Je le surveille » a avoué Fabien. Ce dernier le sait, rien n’est joué d’autant que le vent est plus consistant au nord actuellement. Il s’attend donc à voir le Lorientais lui grappiller encore quelques milles dans la journée, avant le fameux dernier « gros » empannage programmé d’ici une dizaine d’heures qui permettra ensuite à la flotte d’attaquer un dernier long bord bâbord vers la Martinique. Un bord qui n’aura cependant rien d’un tout droit et lors duquel les petits coups feront la différence. « Des petites oscillations en intensité et en direction peuvent être intéressantes si on les exploite bien. Ce sera du gagne petit mais il faudra être performant ». C’est Fabien Delahaye qui le dit.

© Anthony Marchand

Les marins, ces héros…

04/04/2013

 

Un peu de répit après ces dernières 24 heures difficiles. Les solitaires, fourbus par les multiples empannages, fatigués par les bascules de vent incessantes, la grosse mer et les grains violents, ont pu se reposer plus de quelques minutes. Si la date d'arrivée approche à grand pas (ETA dimanche 7 avril), la régate reste plus que jamais disputée. Erwan Tabarly (Armor Lux - Comptoir de la Mer), toujours leader, garde un oeil sur son plus proche rival Gildas Morvan (Cercle Vert), et sur ses camarades du nord. Il sait qu'il n'a pas le droit à l'erreur malgré ses 47 milles d'avance. La place de 4e reste toujours en suspens depuis qu'Adrien Hardy (Agir Recouvrement) a perdu son safran tribord hier après-midi. Anthony Marchand (Bretagne - Crédit Mutuel Performance) revient comme une balle, il était ce matin bord à bord avec Adrien.

 

De l’avis de tous les marins, elle est dure cette transat ! Depuis le départ de Brest le 17 mars dernier, les conditions météo, les choix tactiques, le stress de la casse, la pression de la régate ont tiré sur le physique des solitaires. Ce matin à la vacation de 5 heures, les skippers semblaient engourdis, un peu « cramés » au dire de Gildas Morvan, pourtant une force de la nature : « C'est une transat difficile. Tout à l'heure, pendant une heure, j'étais à 30 nœuds établis, on ne voyait rien... On en a bavé quand même. Dans ces conditions, les empannages sont dangereux. Je fais attention, je mets le harnais pour aller à l'avant mais on a vite fait de faire une bêtise. Il faut faire attention".
Les grains… Ces brusques sautes de vent en force et en direction leur font perdre la tête. Il faut alors reprendre la barre, au pire empanner quand la bascule est trop importante tout en restant sur la route directe, se méfier de la mer qui se lève. « J'ai fait un paquet d'empannages, je ne sais pas combien, mais peut-être une trentaine ! J'ai pris toutes les bascules. Il y a des grains qui lèvent du clapot, quand on empanne ce n'est pas forcément facile de ne pas faire de bêtise." avouait Erwan Tabarly ce matin. Jusqu’au bout, les alizés vont donner du fil à retordre à toute la flotte. Dans le classement, il risque bien d’y avoir des bascules aussi.... Fabien Delahaye (Skipper Macif 2012), actuellement 3e, surveille ce qu’il se passe au-dessus et en-dessous : « Gildas (Morvan) et Erwan (Tabarly) sont sur la route à coup d'empannages, ça va être intéressant de voir ce que ça va donner. Il y a Anthony (Marchand) qui fait un beau retour par le nord et qu'il va falloir surveiller. » Le skipper de Bretagne – Crédit Mutuel Performance, l’air de rien, fait en effet une superbe remontée. Au détriment d’Adrien Hardy qui vit des heures difficiles. Il navigue en équilibriste avec son seul safran bâbord. Le pilote ne tient pas la route, Adrien est contraint de barrer quasi en permanence, et se pose des questions quand à son prochain empannage. Malgré tout, il ne veut pas baisser les bras, pas maintenant, à moins de quatre jours de l’arrivée : « Je ne vais pas lâcher le morceau. Je ne vais pas laisser ma place aux autres. Le problème, c'est de se reposer, parce que je n'ai pas une autonomie indéfinie". Ce matin, les marins forcent notre admiration…

Les cinq premiers à 5 heures - télécharger l'intégralité du classement
1 : Armor Lux – Comptoir de la Mer (Erwan Tabarly) à 716,69 milles
2 : Cercle Vert (Gildas Morvan) à 47,75 milles
3 : Skipper Macif 2012 (Fabien Delahaye) à 68,87 milles
4 : Agir Recouvrement (Adrien Hardy) à 102,21 milles
5 : Bretagne – Crédit Mutuel Performance (Anthony Marchand) à 102,90 milles…
© A.COURCOUX

Les grains s’invitent à la fête

03/04/2013

 

Les compteurs s'affolent et ça dépote ! Ces dernières 24 heures, les solitaires de la Transat Bretagne - Martinique ont tous avalé autour de 250 milles. Ce mercredi, ils poursuivent leur route à plus de 10 noeuds de moyenne, droit sur Fort-de-France, poussés par un alizé soutenu soufflant entre 20 et 25 noeuds. Mais désormais, à moins de 1 000 milles de l'arrivée, une nouvelle donne vient corser le jeu : les grains.

 

« C’est une nuit de folie ! » a écrit, ce matin, Yoann Richomme. Le Skipper de DLBC – Module Création et ses adversaires composent, depuis peu, avec de grosses lignes de grains. Comme on peut généralement s’y attendre à l’approche de l’arc Antillais, ces petits événements météorologiques viennent ainsi perturber la progression des concurrents de la Transat Bretagne – Martinique ce mercredi. « Il y en a à plus finir. C’est vraiment violent » commentait le Lorientais. De fait, certaines rafales jusqu’à 38-40 nœuds ont été relevées ces dernières heures. Autant le dire, dans la nuit noire, ce paramètre rend la conduite plutôt sportive, voire franchement délicate. « Je barre à l'aveugle et aux chiffres au pied du mât » racontait Yoann. Son de cloche identique du côté du leader, Erwan Tabarly. « On n’y voit rien, difficile en conséquence d’anticiper les grains. Heureusement, quand ils passent, les variations du vent ne sont pas trop importantes mais parfois, c’est quand même chaud. Vers 4 heures ce matin, j’ai fait un gros vrac » a rapporté le skipper d’Armor Lux – Comptoir de la Mer qui a donc décidé de passer sous spi lourd pour limiter les sorties de piste. Pour lui, pas question de prendre de risques, surtout après la belle opération qu’il a réalisée ces dernières 24 heures. Erwan est, en effet, parvenu à augmenter son avance sur Gildas Morvan de 11 milles, entre hier 5 heures et aujourd’hui à la même heure. Mieux, il a retrouvé tous ses poursuivants alignés pile poil dans son axe. « Je suis content, c’est sûr, mais je n’oublie pas qu’il reste quatre jours de course » a relativisé le navigateur qui préfère, pour l’heure, rester concentré sur la bonne marche de son bateau et passer de longues heures à la barre. Idem pour Fabien Delahaye (Skipper Macif 2012). « C’est plutôt sportif ! Ca fuse bien mais c’est assez stressant. Pas d’autre choix que de barrer, barrer et barrer » précisait le Caennais, la cagoule en néoprène et la lampe frontale vissées sur la tête. « J’ai mon gilet, ma longe et je suis attaché court dans le cockpit » a-t-il ajouté. Mieux vaut, en effet, être bien accroché quand le bateau déboule à plus de 16 nœuds dans les surfs et finit par enfourner. « Parfois, ça fait carrément sous-marin. J’ai tout matossé à fond sur l’arrière pour retarder au maximum le plantage mais, malgré ça, je me retrouve régulièrement sous l’eau », a avoué Fabien. La situation devrait être un peu moins angoissante une fois le jour levé, mais l’exercice n’en restera pas moins de haute volée. D’autant que le vent va tourner à l’est à la mi-journée et imposer le jeu des empannages. Voilà qui promet quelques belles figures de style.










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